Quand j'ai compris que la sombre marionnette anisée me laisserait pleurer,
J'ai rangé mes sentiments dans une pochette en satin brodée de soie et de fil d'argent,
Je les ai déposé un à un les laissant s'entrechoquer et résonner comme des pierres,
J'ai rangé cette pochette près de mon coeur
Mais les éclats de voix nauséeuse ont déchiré ce joli sachet
Et les sentiments se sont écrasés au sol dans un vacarme incessant,
Comme un sac de billes qu'on aurait éventré.
La déchirure était si profonde qu'il m'a fallu du fil de fer pour la recoudre
Et encore j'ai rangé les sentiments déjà bien abimés dans leur pochettes auprès de mon coeur;
A coup de lance-pierres, les ecchymoses ont colorés mes sentiments d'une sombre teinte,
Et la pochette à fini par s'user au point d'y voir au travers; alors avant qu'ils n'en tombent
J'ai posé mon baluchon de sentiments sur une pierre.
Je voulais en finir avec eux, les libérer de leur tristesse...
Une pierre j'ai saisi mais le cordon si fin s'est désserré, la pochette entrouverte j'ai vu,
Les sentiments s'envoler comme des pétales de fleur de cerisier, tournoyer devant moi
Et s'enfuir
Dans un soupir.
J'ai toujours ma pochette mais je ne sais si je veux vraiment la remplir,
Certains sentiments passent près de moi, virevoltent et repartent, d'autres restent et se pose comme des papillons sur le bord de mon coeur.
Je ne veux plus les enfermer, qu'ils restent libres...de toutes façons ils finiront par repartir.