Je m'élance sur le macadam, dans mon sac à dos mes états d'âmes, le temps s'ecoule comme une fuite et je pars à la poursuite d'un record que je ne battrai jamais, nous sommes d'accord; j'avance sans reflechir, seul ton mepris me fera fléchir, j'essaye de faire le vide au milieu de connaissances dont je suis avide mais par moment encore cette comptine mièvre et sucrée qui s'agglutine sur mes lèvres sucrées. Je reconnais quelques maisons avec raison pendant que j'avale l'asphalte et me nourrit de mots qui m'exalte, soudain la pluie s'en mele, sur le bitume tombe pele-mele quelques gouttes d'amertume et toutes mes idées s'enmelent. il faut accelerer si tu ne veux être tout mouillé, alors je pedale dans le bruit de la chaine rouillée, le ciel devient sombre, mon ombre se noit dans la penombre du crepuscule, une pluie torrentielle se deverse tel un filet d'eau le long de ma nuque, une envie preferentielle pour l'averse mais l'eau le long de ma route m'eclabousse comme un chien egouttant sa fourrure, je crois que je suis arrivé trempé, qu'importe aujourd'hui on ne verra ni mes yeux ni mon âme pleurer...
El Poetjo