Au détour d'une ruelle, j'aperçus cet homme, accoudé à la table d'une terrasse de café, cet homme me fascina...
Non pas que j'ai des affinités quelconques avec les Hommes mais celui-ci me fascinait.
Il avait les yeux clairs, les cheveux si ébouriffés que le désordre s'y serait senti ordonné, un verre aux senteurs anisées et aux origines pontisalienne sur la table, une petite pipe aux odeurs d'opium.
Je m'assis à une table un peu à l'écart, et je resta à l'observer : il semblait griffoner des vers sur un carré de papier parsemé de reflexion sous forme de gribouillis, une ombre s'appuyait sur son épaule, on aurait dit une muse lui soufflant quelques écrits...
Il leva les yeux et nos regards se croisèrent...je n'avais plus d'autre choix que de m'avancer vers lui...
Au sorti de plates excuses justifiant mon insistance visuelle, je bafouilla : Ne seriez-vous pas poète ?
- Poète ? - si s'amuser des mots, les faire danser sur une feuille, créer quelques rimes amoureuses qui s'embrasseront, laisser chanter la césure sur le rythme des vers et composer des mélodies verbales, si cela est être poète alors peut-être en suis-je un. Mais vous, ne seriez-vous pas perdu entre deux mondes ?
Je fermai les yeux...Comment pouvait-il le savoir ? M'étais-je trahi ? Comment savait-il que je vogue et bascule constamment entre 2 mondes dont aucun n'est le mien et que parfois j'en tombe de haut, essayant tant bien que mal de m'accrocher aux branches de mes étoiles.
J'ouvris à nouveau les yeux, il s'éloignait déjà......Mais....quel est votre nom ?
- Rimbaud, Arthur Rimbaud...
El Poetjo